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lundi, 18 juin 2007
Reprendre goût à la réalité
" 68, c'est l'intrusion du Devenir. On a voulu y voir parfois le règne de l'Imaginaire... Ce n'est absolument pas imaginaire. C'est une bouffée de réel à l'état pur. C'est le réel. C'est, tout d'un coup, le réel qui arrive. Alors les gens ne comprennent pas. Ils ne reconnaissent pas. Ils se disent : "Qu'est-ce que c'est que ça ?". Les gens réels, enfin ! Les gens dans leur réalité ! Ca a été prodigieux ! Et qu'est-ce que c'était, les gens dans leur réalité ? Et bien: c'est le devenir... Alors, il pouvait y avoir de mauvais devenirs, tout ça... Que les historiens n'aient pas bien compris, c'est forcé ! Je crois tellement à la différence entre l'Histoire et le Devenir ! C'était un devenir révolutionnaire sans avenir de révolution. Alors, on peut toujours s'en moquer, une fois que c'est passé. C'était des phénomènes de pur devenir qui ont pris les gens." Deleuze
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mercredi, 13 juin 2007
Note d'anonyme de gauche
NBurchFemmes, féminisme et le renouveau de la gauche française.
"Il faut tenir les deux bouts de la chaîne".
Combien de fois n´ai-je entendu cette phrase au sein du PCF il y a vingt-cinq ans !
Elle m´a profondément marqué, elle nous disait qu´il fallait apprendre à agir politiquement dans la pleine conscience des contradictions, lesquelles fondent toute vie en société. Ce précepte, le PCF l´a oublié aujourd´hui, ce qui contribue à expliquer une déshérence sans doute définitive...
Mais quels sont donc de nos jours les "deux bouts de la chaîne" en politique... ?
Ils se résument, je crois, à deux constats à la fois irréfutables et parfaitement irréconciliables :
a) grâce surtout à l´implosion du camp socialiste, mais aussi à un long travail idéologique de captation des esprits, les classes capitalistes sont enfin en train de réaliser l´essence de leur système, à savoir l´accumulation aveugle et illimitée comme objectif en soi. Ce faisant, elles entraînent la planète et tous ses habitants vers des catastrophes difficilement imaginables (productivisme destructeur de l´environnement et dérégulateur du climat, écart toujours plus grand entre riches et pauvres).
Alors qu´est-ce qu´on attend pour faire la révolution ? Devant une réalité aussi aveuglante, elle ne peut qu´être pour demain !
b) Mais c´est qu'en face, ce mouvement fatal est puissamment étayé, en Europe tout particulièrement, par un rapport de forces écrasant en faveur du capital financier et de ses auxiliaires politiques de toute couleur : asservissement des médias, pensée unique des grandes écoles, dogmatisme chevillé au corps des technocrates de Bruxelles, il n´y a plus guère en Europe de lieu de pouvoir où ne règne sans partage les idées de la droite.
Or, cette contradiction entre les souffrances odieuses des uns et le pouvoir implacable des autres est paralysante, c´est pourquoi aucun discours politique ne les met face à face : aujourd´hui, la pensée dialectique est comme oubliée.
Dans notre pays, par exemple, il existe encore d´importantes forces politiques et syndicales ancrées dans une tradition de gauche. Le malheur veut que les unes,impuissantes, ne se revendiquent que des souffrances et ignorent superbement cette implacabilité trop déprimante, tandis que les autres, potentiellement plus puissantes, ne voient comme sujet de cette implacabilité que des forces historiques impersonnelles, abstraites, auxquelles elles feignent de trouver des vertus, tout en plaignant les victimes, bien sûr. Mais ni la gauche de la gauche ni les sociaux-démocrates ne se sont montrés capables jusqu´ici de reconnaître la centralité de cette contradiction entre l´insupportable et l´implacable, contradiction /pour l´instant indépassable/, ni a fortiori de bâtir une stratégie à partir de cette reconnaissance.
"La gauche de la gauche", depuis José Bové et Alter Ecolo jusqu´aux principales sectes trotskistes en passant par le PCF, reconnaît, analyse, dénonce avec lucidité les conséquences actuelles et à venir de l´hégémonie d´une idéologie si cruelle pour la planète et pour le plus grand nombre de ses habitants. Ce qui est assurément en phase avec l´opinion des Français, aujourd´hui le peuple au monde qui a la plus mauvaise opinion du capitalisme, selon une récente étude de l´Université de Maryland (É.-U.).
C´est une exception française dont il faut se féliciter, fruit à la fois des rudes régressions sociales en cours, et d´une très ancienne culture politique, républicaine et frondeuse. Tant sont évidents pour tous les dégâts sociaux et écologiques dus à cet emballement de la machine à accumuler, que "la gauche de la gauche" s´étonne (feint de s´étonner ?) de l´inaudibilité de ce message qu´elle assène depuis des lustres : à savoir que la seule volonté politique d´une gauche enfin volontaire arrivé au pouvoir en France suffirait pour remettre la bête dans sa cage, prendre l´argent où il est renationaliser les grands services publics, etc.
Son discours est encore et toujours d´essence économiste, axé à peu près exclusivement sur la question du modèle économique et social. Mais cela même pose problème.Car l´immense majorité de ceux qui souffrent et qui voudraient de tout coeur que ça change, voit bien que dans l´état actuel du rapport de forces entre capital et travail en France, en Europe et dans le monde, ce "débat" sur le modèle économique est gelé pour longtemps, et que si un jour on sera sûrement obligé de changer de modèle, celui-ci, dans nos élections actuelles et à venir, /n´est pas en jeu/.
En d´autres termes, cet électorat-là, celui qui prend de plein fouet cette mue sinistre du capitalisme, sait que la chaîne a deux bouts. Car concernant la situation actuelle du monde, les analyses d´un Roccard ou d´un DSK sont exactes. Eux ont mesuré le rapport de forces et ont vu qu´il est aujourd´hui immuable (Rocard dans le Monde il y a quelques années : Le capitalisme a gagné, camarades").
Prenons l´Europe réellement existante (celle que dirige le capital financier et non celle que les éléphants prétendent appeler de leurs voeux pieux) : même si par miracle les fameuses directives émanaient dès demain d´un parlement européen souverain, ceux-ci continueraient de traduire fidèlement le "libéralisme"si mal nommé des technocrates-idéologues, car à peu près partout sur le continent, les auxiliaires politiques du grand capital sont au pouvoir.
Chez les sociaux-libéraux convaincus, le constat résigné de cet échec est mi-cynique, mi-optimiste, puisqu´ils laissent entendre qu´en fin de compte le système est bénéfique, que "ça ira mieux un jour" que la fameuse "main invisible" fera son oeuvre !
C´est évidemment l'un des articles de foi des libéraux de tout poil.Cependant, si la base sociale du PS a changé, est devenue plus middle-class, ces couches-là sont loin d´être toujours convaincues des bienfaits du libéralisme, notamment sur le plan écologique. Au niveau
des éléphants, en revanche, autant par la fatigue de l´âge que par simple intérêt de classe, on entérine les thèses libérales et ce mensonge qui voudrait qu´elles énoncent un ordre économique "naturel", purement mathématique, objectivement "vrai", que les souffrances qu´elles imposent sont regrettables, peut-être temporaires, mais en tout cas inévitables ("le capitalisme a gagné"). Certes ces sociaux-libéraux jurent de faire ce qu´ils peuvent pour soulager un peu les dites souffrances, mais sur le fond cette "gauche"-là refuse,elle, de tenir le premier bout de la chaîne, elle refuse de privilégier les souffrances face à l´implacabilité de "l´Histoire". On a raison de dire qu´en arguant sans cesse du caractère irréversible de l´évolution en cours pour justifier de toutes ses carences, le PS a renforcé la croyance populaire en le caractère actuellement immuable du rapport de forces. Mais il ne s´agit pas là d´un simple produit de la poltronnerie social-démocrate, il s´agit d´une réalité.
Le désarroi politique qui provient de ce partage de la gauche française entre deux visions monoculaires - ou plutôt deux cécités symétriques - vient de nous donner le gouvernement le plus dangereusement réactionnaire que le pays a connu depuis la Libération.
Je résume : si un discours qui privilégie la question du modèle socio-économique, à savoir celui de l´extrême gauche, y compris dans ses composants écologistes, est resté largement inaudible pour les couches qui souffrent le plus du capitalisme sauvage, ce n´est pas seulement au nom du vote utile. C´est parce que ces couches, à leurs différentes façons, voient bien que derrière l´horreur des souffrances quotidiennes, se profile l´ombre de forces hors d´atteinte, bénéficiant d´une parfaite impunité.
Elles savent que chacune de ces descriptions de la situation actuelle est juste.Elles voient aussi que si l´une est le fait d´organisations qui se rangent résolument et sincèrement à leurs côtés, celles-ci sont bien incapables de prendre le pouvoir là où ça compte. Et elles voient que l´autre description est proposée par une organisation appartenant à une tradition de gauche, celle-ci semble être passée objectivement du côté des forces obscures, puisque se déclarant
impuissante devant elles (Holland : "Je ne connais aucun mur capable de contenir le capitalisme"). La crédibilité de toute la gauche en a doublement pâti.
Cependant, à mon sens, la récente élection présidentielle, si catastrophique a bien des égards, a vu émerger le potentiel d´un dépassement de cette paralysie.
Quel est le groupe humain le mieux à même de tenir les deux bouts de la chaîne, et bien plus s´il le faut, à regarder les nuances d´une relation avec un oeil pour la complexité, les contradictions ? La réponse que j´apporte sans la moindre hésitation à cette question affère à un corps de pensée hautement élaboré dans bien d´autres pays mais encore relativement étranger à notre culture. C´est une lacune préjudiciable entre toutes.
On s´est beaucoup gaussée dans les rédactions et dans tous les états-majors politiques (où l´hégémonie des hommes et de leurs façons de penser est parfaitement intacte) de cette "illusion saugrenue" selon laquelle Ségolène Royal étant une femme, elle serait mieux à même qu´un homme de conduire enfin "le changement" dans ce pays.
Certes, quiconque se hasarderait sur ce terrain en s´appuyant sur la seule différence biologique mériterait pleinement ces moqueries. Mais il faut dépasser l´opposition simpliste entre essentialisme et "tout culturel" : la différence homme/femme telle qu´elle s´est construite socialement au cours des siècles, si elle découle certes en dernière analyse du rôle des femmes dans la reproduction de l´espèce, est lié à un long processus historique, comportant l´infériorisation sociale des femmes et leur enfermement dans les domaines affectifs, maternants, familiaux.
La question est vaste et complexe, je ne peux donner ici que quelques indications. D´une part, le rôle historique des femmes dans la famille, dans l´éducation des enfants, dans le maternage des hommes, affrontés, eux, aux duretés du monde économique (et violent), ont fait des femmes les meilleures médiatrices, les meilleurs instruments de réconciliation et de bonne entente entre les divers membres d´une famille. Elles ont
appris l´art de l´empathie simultanée avec différents points de vue conflictuels, elles ont appris à voir les situations et les disputes de différents côtés, elles sont expertes dans l´art du compromis le plus favorable pour tous : parents/enfants, frères/soeurs, etc. Ce qui n´a rien à voir avec la socialisation des hommes.
La psychologie de la petite enfance fournit des indications complémentaires quant à la phylogenèse de ces aptitudes. Suite à « la blessure oedipienne » (la brutale obligation de se désidentifier d´avec la mère, de se contre-identifier avec le père), "le petit mâle aura beaucoup plus de difficulté que sa soeur à répondre à des manifestations d´affection, sa capacité d´empathie est amoindrie. Il aura tendance à voir ces aspects du monde ayant un caractère incontestablement émotionnel en noir et blanc, soit paradis terrestre, soit objet d´un dégoût innommable. Il aura du mal aussi à gérer des sentiments conflictuels, à déceler les nuances de gris entre noir et blanc et à comprendre qu´un gris est souvent un mélange de noirs et de blancs." (Hudson & Jacot, d´apr. Greenson).
L´expérience de la petite fille est tout autre : échappant à la blessure oedipienne, ses premières années seront vécues dans l´intimité de la femme qu´elle sera un jour, et il en résulte au contraire une plus grande capacité d´empathie et une plus grande sensibilité aux nuances dans le ressentir et le relationnel.
Bon nombre de ceux et celles qui se sont moqués ouvertement de cette idée qu´une « bonne femme » aurait des qualités particulières en politique, arguaient souvent aussi, plus ou moins implicitement, que la politique étant le domaine masculin par excellence, et la présidence étant le sommet du monde politique, une femme n´était pas faite pour le rôle. Les principales accusations lancées contre elle déguisaient à peine cette misogynie. C´est bien la première fois dans l´histoire de la Cinquième république que l´accusation d´incompétence est lancée contre un candidat à la présidentielle. A ce niveau-là, la compétence d´un homme politique /va sans dire/. Et pourtant, un certain Chirac est compétent en quoi, sauf à gagner les élections ?
Et quant au fameux « autoritarisme » de Mme Royal...La belle affaire ! Quel homme politique n´est pas autoritaire ? Et qui songerait à reprocher à des femmes politiques masculinisées (Aubry, Aillot-Marie) leur autoritarisme ? Ah, mais chez une belle femme, donc « faite pour l´amour », cela choque... Une lecture attentive de la presse montre à quel point la féminité de Royal était source de doutes et de ressentiments. Mais ce que ce déluge misogyne voulait masquer était que Ségolène Royale n´est pas seulement une femme séduisante mère de famille, elle est une femme de gauche avec une longue expérience de terrain, et elle est une féministe revendiquée, ce qui n´est pas si courant en France, c´est le moins qu´on puisse dire.
Notons en passant que le fait pour cette féministe de se soucier avant tout des souffrances des femmes pauvres, privilégiant, par exemple, les violences conjugales et les problèmes de garde, lui a valu l´inqualifiable hostilité d´intellos féministes chics, lesquelles, par aveuglement de classe, voudraient voir les femmes de toute condition sociale logées à la même enseigne sous l´oppression patriarcale : pour une féministe "conséquente", les différences de classe non-èpertinentes.
Or, une pensée et une pratique féministe que l´on peut qualifier de matérialistes ont su traduire en termes politiques cette socialisation historique des femmes et les capacités spécifiques qui en découlent. Elles sont peu à peu en passe de modifier la perception même de l´action politique dans toutes nos sociétés. Je tiens déjà pour un pas en avant important que malgré la faiblesse du mouvement féministe en France, 47% de l´électorat, avec sans doute différents degrés d´enthousiasme, ait pu votre pour Ségolène Royal. Ait pu comprendre, plus ou moins clairement, qu´une femme de gauche, et qui en tant que féministe privilégie les problèmes des femmes ordinaires, pauvres, ("populiste" s´est-on écrié pour l´enfoncer), ferait une incontestable différence en entrant à l´Elysée. Et qu´encore aujourd´hui une large majorité de "sympathisants de gauche" considère Ségolène Royal, malgré sa défaite,comme la personnalité qui incarne le mieux les valeurs de gauche en France.
Le programme de Nicolas Sarkozy, fort de l´appui des puissances que l´on sait, est d´une cohérence inattaquable. C´est qu´il est fondé sur la mise en oeuvre systématique de toutes les conséquences que les «révolutionnaires de droite » tirent du monstrueux postulat de la «guerre de tous contre tous » et de ses innombrables déclinaisons sémantiques : de "l'égoïsme comme moteur de l´histoire" (Ayn Rand) à la "méritocratie" sarkozyenne, du social darwinsme de Herbert Spencer à "a précarité, c´est la vie" de Laurence Parisot, la liste est longue. Il s´agit là de /fausses évidences phalliques/, qui n´ont pas plus besoin de justification que la prééminence historique des hommes dans tous les aspects de la vie publique. Dogmatique, obsessionnel, arrogant, violent à ses heures, l´actuel locataire de l´Elysée respire la virilité la plus crue... et s´en enorgueillit.
Soulignons d´ailleurs que ce rejeton du fascisme hongrois de l´entre-deux-guerres, cet adepte des idées « anti-Lumières » (cf. Lev Sternhell) de la Heritage Foundation, ce plagiaire de Le Pen et de De Villiers, tient parfaitement les deux bouts de sa chaîne. S´il veut livrer les faibles au marché prédateur, il sait que nous sommes en France et que les faibles peuvent parfois se rebiffer.
Donc tout en se préparant à asphyxier les services publics au coeur de notre modèle
social, d´abolir autant que faire se peut les protections de ceux qui n´ont à vendre que leur force de travail, il doit affûter les organes de répression - les différentes polices, certes, mais aussi les églises.
Cet admirateur des croisades et des conquêtes coloniales (qualifiés un jour de « rêves de civilisation » !) connaît bien la complémentarité du glaive et du goupillon, stratégie dont il entend tirer pour lui et pour sa classe un double profit : le repli identitaire des musulmans bafoués pourra ranimer chez les « Français de souche » la foi catholique qui est celle de ce monarque dévot, tandis que la violence réactionnelle des opprimés, des discriminés, aiguisera la grand peur des bien-pensants, si profitable électoralement.
En face, le pacte de Segolène Royal a été jugé "catastrophique" par le monoculaire Yves Salesse. Certes ce programme n´avait pas, ne pouvait pas avoir la cohérence interne du programme sarkozien, porté qu´il est par le poids immense du rouleau compresseur - ni celle du programme de Marie-Georges Buffet, d´ailleurs, porté par le souvenir de victoires lointaines et les habitudes d´un parti sclérosé.
Celui de Ségolène Royal était certes un "catalogue", ainsi qu´on le dénigrait souvent,
improvisé à l´écoute des gens, dans une recherche pragmatique et non doctrinale des failles dans la carapace du monstre. Improvisations parfois entachées d´impairs comme le drapeau de Marseille, aussitôt magnifiés hors de toute proportion par des médias à la botte (et aussi par la gauche de la gauche). Mais c´est le caricaturer absolument que de prétendre qu´il s´agissait d´un programme libéral au sens de toujours plus de liberté pour les gros, toujours plus de contraintes pour les petits - y compris pour les petites entreprises. De telles critiques étaient de mauvaise foi. Rappelons que chaque fois que Mme Royal évoquait les difficultés des /patrons/ des PME et la nécessité de les aider en tant que créateurs d´emplois, on se récriait à gauche : c´était le mot tabou !
Comme on s´est récrié, y compris dans son propre parti, lorsqu´elle a critiqué les insuffisances des 35 heures - qui sont pourtant de notoriété publique depuis des années !
Déterminées en partie certes par le soupçon qui pèse avec raison sur les arrière-pensées résignées du PS, ces critiques-là et d´autres étaient pourtant si manifestement à côté de la plaque que pour ma part j´y voie d´autres
motivations. La volonté qu´avait la candidate d´infléchir fiscalement la politique financière des entreprises aurait pu constituer un frein significatif au rouleau compresseur - car, en effet, aujourd´hui le rapport des forces est tel que freiner l´action de ces "force aveugles "est la plus belle ambition socio-économique que l´on puisse avoir.
D´ailleurs on peut être certain que beaucoup de ses "modestes" propositions (comme celle de maintenir notre production énergétique dans le service public) allaient rencontrer une forte résistance à Bruxelles et ailleurs.
Sa détermination allait être mise à rude épreuve mais je suis de ceux et de celles qui pensent qu´elle est réelle.
Or, j´affirme que c´est cette conscience populaire du caractère incomplet de la vision de chacune des deux gauches, et le pressentiment plus ou moins net que par sa démarche politique comme par son programme "populiste", une femme comme celle-là serait à même de tenir enfin les deux bouts, qui ont valu à Ségolène Royal son... presque-succès.
Et que c´est cette même capacité féminine d´empathie polyvalente qui l´a conduite à privilégier des questions de méthode (les rencontres à travers la France) ou des propositions de contrôle populaire. Relevons l´indignation si louche de DSK à la télévision devant la très raisonnable idée de comites populaires pour veiller sur le comportement des députés.
Son hostilité ce soir-là était annonciatrice de toute cette campagne de dénigrement au sein du propre parti de la candidate, campagne que les sympathisants de gauche tiennent aujourd´hui pour principale responsable de la défaite. Ségolène Royal est un électron libre ainsi qu´elle ne cessait de le répéter, elle n´a jamais été intégrée à l´appareil parisien et aux jeux de tendances, et depuis six mois elle a semé une zizanie telle parmi ces hommes si attachés à leurs pouvoirs qu´ils étaient prêts à perdre une élection - la plus importante depuis la guerre ! - plutôt que de voir cette femme dangereuse -dangereuse parce qu´elle risquait d´échapper à leur contrôle - accéder au mandat suprême.
J´affirme aussi que cette élection n´a pas été perdue sur la question du modèle socio-économique. Je récuse l´idée que les couches populaires se seraient converties au libéralisme parce qu´elles répondent majoritairement "oui" à des questions du genre" Pensez-vous que les entreprises devraient être plus libres" ? Quelles entreprises ? Et libres pour faire quoi ?
Non, ce sont la misogynie et/ou le racisme qui ont fait que suffisamment de pauvres ont voté contre leurs intérêts de classe pour assurer l´élection de Nabot Premier.Qui ne comprend que le tremblement de terre des banlieues (et sa "réplique" un an plus tard,
cette l´émeute cyniquement provoquée par des flics zélés à la gare du Nord) ont fait déborder le racisme qui couve en France depuis le rapatriement des pieds-noirs dans ce sud-est berceau du FN (cf. Benjamin Stora) ?Et quelle femme ne sait, en son for intérieur, quels soupçons pèsent encore sur son sexe dans ce beau pays de France ?
Mais il est une autre vérité moins partagée, et que je ne puis que mentionner ici, à savoir que racisme et misogynie sont deux haines intimement liées.
Il n´est que de lire les écrits des futurs nazis des années vingt, le /Mein Kampf/ de Hitler compris, pour comprendre que la haine que ces hommes vouent aux femmes et aux Juifs est la même. Tout effort pour purger notre société de ces poisons devra passer, entre autres, par la reconnaissance de ce lien profond...
Et maintenant que fera Ségolène Royal ? Car on l´aura compris, c´est là pour moi la principale question et non pas "que deviendra le PS ?" ni même la gauche de la gauche parviendra-t-elle à se rassembler ?"
Ségolène Royal et les hommes et les femmes qui l´entourent et qui ont compris sa démarche, entendent la poursuivre. Vont-ils parvenir à prendre la direction du parti socialiste, ainsi qu´on leur en prête l´intention ?
Je doute beaucoup pour ma part qu´ils y parviennent, car il y a la haine à peine rationnelle des éléphants, et au-delà, la misogynie de tant d´hommes et de femmes de notre pays - oserais-je dire surtout à gauche ?
(D´ailleurs, d´un certain point de vue les Cassandres qui avaient prévu sa défaite avaient mieux mesuré l´étendue de la misogynie en France que ceux et celles qui ont voulu cette candidature).
Alternativement, peut-être vont-ils emprunter une page aux Allemands, quitter le PS pour créer un parti plus moderne, avec une direction plus ouverte aux femmes.
Un tel parti pourrait attirer des hommes et des femmes de toutes les organisations de gauche et notamment des Verts, où la conflictualité aiguë entre tendances peut sans doute s´analyser en termes de ce "paradoxe de la chaîne" que j´ai voulu esquisser ici. Un tel parti serait à même de prendre beaucoup mieux en compte les enjeux de l´écologie politique (auxquelles Royal, comme beaucoup de femmes, s´est montrée très sensible). Sans doute mieux à même aussi de mener plus vigoureusement le combat contre le racisme et pour l´extension de la citoyenneté républicaine à tous les composants ethniques de la société
C´est là de toute évidence le combat le plus important à mener en France aujourd´hui. Et sur ce front-là, le rapport de forces nous est plus favorable, comme en témoigne l´expérience du Réseau Education sans Frontières.
Réseau, ne l'oublions pas, issu essentiellement des couches moyennes instruites - grosso modo, les fameux "bobos" - qui ont imposé aux éléphants si réticents une femme candidate à l´office suprême. C´est dans ces couches que se situent incontestablement aujourd´hui les forces pouvant donner une impulsion nouvelle à la résistance. Et au-delà d´elles, on peut déjà se réjouir que ce choix d´une candidate féministe à la magistrature suprême a été entériné par une majorité de pauvres, de jeunes et de citadins de ce pays(1) .
Malgré la noirceur de l'heure, malgré la présence sans précédent d´un facho-raciste pur sucre au conseil des ministres de la République, malgré le parlement "bleu horizon qui s´annonce" cet événement a peut-être ouvert une brèche vers un autre avenir...
1) On m´objectera qu'une majorité de femmes ont voté Sarkozy. La faiblesse du féminisme dans ce pays a pour conséquence qu´encore aujourd´hui beaucoup de femmes intériorisent la notion de l´infériorité de leur sexe. Une femme du peuple déclarait ainsi à un journaliste : "On va quand même pas élire une bonne femme présidente !"
(illustrations de Loubi)
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lundi, 11 juin 2007
acte III : Mirage de la vie - Imitation of life...

Discussion avec Sylvia P. 66 ans.
Nous nous sommes rencontrées grâce à internet, il y a 6 mois pour une question de smurf ;-))).
Sur un forum informatique et plus si affinités. Et depuis nous correspondons parfois quand c’est nécessaire.
1. Tu as quitté le monde de la télé milieu-fin des années 80 ?
Oui. A l’époque il y a eu un très très gros nettoyage. On parle souvent de Canal Plus. "L’avant - l’après"...
C’est exactement ce qui est arrivé sur les chaînes publiques quelques annnées auparavant, fin des années 80, mais en plus grave parceque plus silencieux. En particulier les communistes comme moi, ont été remercié.
C'est à partir de cette periode que la qualité des séries françaises a été rendue à rien.
2. Comment ça ?
Dans les années 70 et 80, il y a eu de très très bonnes séries et unitaires. Avec un travail de fond particulièrement engagé et pertinent. Rien de gratuit. Cette qualité n’était pas seulement due à une periode historiquement politisée mais aussi au travail de communistes conscients et désireux qui travaillaient pour les chaînes françaises de télévision.

2. Tu es toujours communiste ?
Non. Plus maintenant. Mais je reste proche d’une certaine réflexion marxiste. Cependant pour ce qui concerne le parti : Je ne partage plus leur stratégie actuelle et surtout, j’en ai marre de leurs querelles de clochés et leurs petites aigreurs dont j'ai fait amplement le tour en militant auprès d'eux.
J’ai soutenu Ségolène Royal pour 2007. N'ayant aucune attache socialiste (et donc pas d'affect) ça m'a été assez simple de voter pour cette candidate. Je n'ai pas eu le besoin de trop réfléchir sur ses qualités ou de ruminer l'arrière-fond de son parti.
Je suis redevenue innocente en quelque sorte. Ca me fait du bien de voir la pollitique sous un oeil plus simple, plus basique. Grâce à ça, j'ai retrouvé une vraie vitalité et aussi cette candeur si nécessaire à l'engagement. J'aime beaucoup Ségolène Royal.
3. Bayrou ne t’a pas intéressé ?
Jamais. Je suis de gauche, pas de droite !
Et mettre une femme au pouvoir m’apparaissait comme une alternative nettement plus passionnante et révolutionnaire (en tant que femme et ex-scénariste) que de promouvoir le "rassemblement" des français au centre.
Cependant, au vue de la droitisation des esprits, je pense que de conçevoir un centre politique en France peut être stratégiquement une très bonne chose en effet.
Je remercie donc Bayrou d'avoir soufflé l'idée aux français et en tant que femme de gauche, je ferai en sorte que ce centre en France naisse historiquement par la gauche et non pas par la droite UDF.
Je soutiendrai donc Royal pour qu'elle permette à son parti d'accéder à cette position de la façon la plus naturelle et la plus pérène qui soit.

Le vrai grand parti de centre en France, c'est le PS et étant un parti historiquement très important, j'estime qu'il a absolument le droit à cette seconde chance et à ce renouveau qui lui ira très bien au teint.
Qui plus est, cette officialisation d'un PS au centre permettra de laisser une place vacante à gauche... Pour l'avenir ça sera utile. Crois-moi sur parole.
4. Et Bayrou ?
Bayrou pour moi est un imposteur de droite qui n'a pas la carrure pour fabriquer une politique de centre intelligente. On l'a tous remarqué maintenant, sa stratégie trouble ne sert qu'un seul homme : Nicolas Sarkosy et personne d'autre. Bayrou ne sait pas ce qu'il fait, c'est un homme dépassé par les évènements et donc hautement manipulable. Cet homme n'est pas réactif, ça se voit.
Qu'il disparaisse noyé par sa bétise et ses ambitions me parait être une très bonne chose. La France n'a pas besoin de ce genre de leader. Nous sommes en état d'urgence, il nous faut donc des gens intelligents et souples pour contrer cette droitisation des esprits. Bayrou est un homme trop rigide pour exister dans ce contexte. Rigide et lent. En plus je le trouve assez bête. Il ne maitrise pas. Bizarrement tout le contraire de Ségolène Royal qui elle, se renforçe un peu plus chaque jour.
5. Urbain aimait bien Bayrou...Tu as lu le texte d’Urbain ?
Oui, un point de vue idéologiquement marqué à droite.

6. Urbain se pense plutôt de gauche, il (elle) va être triste si tu lui dis ça !
Tu penses qu'il vaut mieux lui mentir ?
7. Non, il serait encore plus déçu, quelle horreur !
Les bayroutistes s'espèrent souvent de gauche. Sauf que l’essence n’y est absolument pas. Pour comprendre les concepts de gauche et savoir les apréhender, il faut certaines qualités d’analyse. Une façon de voir le monde aussi.
Bien qu’il se prétende plutôt de gauche, la construction de pensée d'Urbain (et donc son idéologie intime) est marquée bien à droite.
8. C’est quoi la différence gauche / droite ?
Ceux qui pensent que le clivage droite gauche est artificiel ont tord.
Il y a de vraies raisons fondamentales et historiques à cette séparation. Le clivage gauche/ droite est un assainissement.
Les gens aujourd’hui connaissent mal leur Histoire politique. Plus une population prolétaire est civilisée, instruite, plus elle est consciente de sa condition et politisée, plus elle va créer sa gauche. C'est un indicateur la qualité d'une gauche.
A l'inverse lorsqu'elle perd de vue la réalité des enjeux, elle fabrique de la droite et du centre. Le centre n'est donc qu'une conséquences de cette perdition des consciences et des enjeux politiques. D'ailleurs c'est un concept qui émerge toujours durant les periodes de grandes guerres et d'angoisse civilisationnel. Bayrou avec son centre "moderne” (la blague) surfe sur ce malaise, cette perte de repères des français. Mais politiquement, je ne peux pas lui reprocher de profiter de cette vague d'ignorance. Lorsqu'on sert une politique il faut savoir faire feu de tout bois. Simplement, j'ai plus envie d'un PS jouant avec cette vague que d'un UDF. En parallèle de ce jeu de pouvoir, mon travail sera de faire en sorte que le peuple français sorte de son amnésie. C'est aux leaders politiques et aux gens engagés à gauche que revient cette tâche de transmettre l'Histoire politique aux français.
9. Un exemple concret de cette différence fondamentale gauche / droite

C'est une façon différente de voir le monde comme je disais. Mais ça passe beaucoup par l'intuition. Si ces canaux sont obstrués, tout est faussé...
Comment pense quelqu’un de gauche à travers un exemple concret ? Reprenons l'exemple qu'a utilsé Urbain : La télévision.
Tout d’abord, les gens de gauche comme moi évitons absolument de salir la masse.
Ses désir, ses critères, ce qu’elle fait, ce qu’elle pense, ce qu’elle veut, sa qualité, ses défauts. Fantasmer pour abimer la masse quand on est de gauche, ne se fait tout simplement pas. Question d’éducation politique et de respect de l'autre. Celui qui n'est pas soi.
10. Urbain va parler d'angélisme là...
Peu m'importe ses critères judéo-chrétien, personnellement j'appelle ça le respect et le respect fait parti de ma politique entièrement. Le peuple n'est pas un déversoir à crachats. Il n'y aucune raison à cela.
Quand j’étais scénariste, j’écrivais sur la base d’une connaissance de terrain (en parallèle de mon écriture, je travaillais avec des associations militantes, des syndicats -tout un réseau qui m’était offert par le biais de mon parti - Ce qui me permettait de ne pas avoir à fantasmer les classes populaires en tirant l’affaire vers le bas. Comme le font en général les gens de droite (ou idéoliguement marqué à droite) en mal de bouc émissaire.
Salir le peuple, le maltraiter relève du même process que le racisme, la misogynie. Il y a une vraie corrélation entre ces trois formes d'actes. Donc j'évite absolument de jouer à ça. Mais ça ne se fait pas comme ça. Etre de gauche est un travail constant sur soi et sur les mécanismes faciles de haine de l'autre. C'est tout.

Pour revenir à la télévision, en plus de ce respect du peuple (qui me l'a bien rendu), du fait de mon engagement politique très à gauche, je faisais en sorte de poser dans mes récites un regard et des axes de réflexion pertinents notamment donc sur les rapports sociaux de classes, de sexe et de races.
Les communistes ont fait un travail remarquable dans ce sens du temps où ils étaient à la télévison.
Je peux citer des exemples connus par tous : Pause-café, médecins de nuit…
Ces séries, qui ont marqué toute une génération, étaient travaillées par des communistes. Ce qui explique notamment ce cachet réaliste et ce pragmatisme des héros qui “mettaient la main à la pâte” et n”hésitaient pas à s’engager et à se salir pour une cause.
Des personnages qui osaient passer outre les lois pour résoudre les problèmes des gens. On s’amusait énormément à fabriquer ces enjeux et des conflits sur cette base là.
Une forme de solidarité se dégageait vraiment de nos récits. Les séries faites par les communistes dans les années 70 - 80 - parfois début 90, sont l’âge d’or de la fiction télé en France.
Toute une génération d’enfants a été construite autour de notre travail. Et j’en suis très heureuse car nous les avons à notre échelle éduqués comme il se devait. Dans le respect de certaines valeurs de gauche. Les communistes ont toujours eu un grand respect de la fiction pour ce qu’elle offre en terme de propangande et d’éducation.
C’est d'ailleurs à cause de ça notamment qu’on nous a viré discrètement puis ouvertement de la télévision française.
Les gens plus marqués à droite ou non instruits ne supportent pas l’idéologie politique assumée. Pas plus, l’engagement visible. Ca leur fait peur.
Pour eux, considérer le récit comme un outil de propagande est un problème génant. Un danger. Les gens non instruits démonisent très facilement quand ils sont dépassés.

11. Les gens de droite ne sont pas "idéologisés selon toi ?
Si bien sûr !!
Ils transportent en eux une idéologie toute aussi marquée que celle d’un communiste qui s'affiche.
Sauf que cette idéologie qu’ils trimballent, ils ne la voient, ni ne la ressentent comme une idéologie.
Pour eux, il s’agit plutôt d’évidence, de bon sens commun ou d’idées qui vont de soi (comme si les idées allaient de soi !). Ou encore ils parlent de pragmatisme, de réalisme, de pertinence intellectuel, que sais-je… Quelque chose de l'odre du "naturel".
Ils ne mettent jamais le mot idéologie sur ce qu'ils pensent ou ce qu'ils disent, ni même sur ce qu'ils éprouvent.
Les gens de droite se vivent intérieurement autonomes, libres et dégagés de toute appartenance idéologique. La simple idée d'avoir été pétri sans en avoir conscience les effraie particulièrement.
A l'inverse, ils peuvent par contre tout à fait concevoir d'appartenir à un parti politique, à une famille ou à une tendance politique. Mais l'affaire doit être bien compartimentée étiquetée "politique" et ne pas aller trop loin dans l'intime.
Les gens de droite ne remettent jamais en question leur culture de fond, ni n'inventent des concepts ou de nouvelles vues. Historiquement, ce sont les gens de gauche qui font ça car ils ont cette conscience absolue d'être idéologiquement construis de fond en comble.
Le communiste par exemple est un être enfermé (parfois jusqu'à l'autisme et c'est un drame alors) dans une idéologie dont il a absolument conscience. Car cet enfermement, il s'y est mis volontairement, en déconstruisant puis reconstruisant sa culture, sa société, sa perception du monde etc...
Etre de gauche est une fabrication consciente.
Etre de droite une soumission inconsciente.
L'individu de droite est une éponge qui absorde.

12. En quoi le texte d'urbain s'avère être idéologiquement de droite ?
Tout d'abord fort à parier qu'Urbain ne sait absolument pas ce qui le traverse.
Bien entendu, cette vison qu'il donne lui semble être est un point de vue original, individuel dit "intellectuel". Urbain n’a pas conscience de ce qu’il répand, j'en suis certaine.
Mais prenons des exemples concrets dans son texte pour comprendre de quel bord vient sa pensée.
Urbain a écrit : “C'est comme de prétendre que les spectateurs des âneries télévisés ne sont pas responsables de leur "auto-crétinisation", au motif qu'ils "prennent ce qu'on leur offre". C'est cette position qui est "méprisante".
“Aneries, Auto-crétinisation, mépris”
Clairement avec ce vocabulaire, Urbain n’est pas dans la sphère de la réflexion intellectuelle traditionnelle aux gens de gauche.
Ce qu’il installe dans sa proposition s'avère être plus proche du jugement de valeurs et du jugement moral implicite.
Nous ne sommes donc plus dans un débat idéologiquement ouvert qui incite à la déconstruction tranquille mais bel est bien dans une pensée moralisante et enfermante constitutionnelle d'une logique de droite. "Ce qu'ils font n'est pas bien".
Urbain fondamentalement juge le spectateur et qui plus est selon ses valeurs à lui.
Valeurs qui, bien sûr (comme par hasard) le placent au dessus de la mélée...
En fait, son vocabulaire relève entièrement d'une forme de mépris.
Mépris qu'il révèle quelques lignes plus loin en prétendant justement le combattre. En fait de combat, Urbain pratique simplement une projection sur l'autre de ce qu'il a en lui.
Mais ça ne s'arrête pas là puisque Urbain tombe dans le piège fondamentale qui révèle tout.

13. Le piège fondamentale ? Il va être content...
Oui.
“nous les savant, nous les lucides”.
Dans son texte, Urbain crée une hiérarchisation intellectuelle absolument impropre à la consommation d'une politique de gauche. Rien de moins que ça. Cette construction du monde qu'il s'invente n'est ni plus ni moins que l'un des fondements d'une idéologiquement de droite.
14. En même temps il m'a dit qu'il était "généralement plutôt à gauche". Ceci doit pouvoir expliquer cela...
Oui, en tout cas, par cette proposition, Urbain s’extrait de la masse qu'il vient de décrire assez salement et se distingue d'elle en s'installant dans une catégorie "élite".
Cette évaporation par le haut, cette verticalisation est un marqueur fondamentale pour nous les gens de gauche. C'est le sceau d'une pensée de droite bien ancrée.
Urbain utilise ouvertement et sans scrupule le peuple comme marche-pied... Inutile de dire que lorsqu'on est à gauche, cette position là d'ascendant sur l'autre ne peut pas tenir.
Ce besoin d'Urbain de s'identifier à une élite est un besoin de droite que beaucoup de gens qui se prétendent pourtant de gauche ont. Il s'agit là de LA faille qui les discrédite.
Urbain est donc bien de droite dans ses fondements. Et je vois d'ici de quoi est faite sa culture (culture dominante, sans doute assez conformiste)... Et aussi, je vois à quoi elle lui sert : Asseoir son pouvoir sur l'autre.
Nous verrons d'ailleurs comment se confirmera mon hypothèse lorsqu'il contrecarrera cette interview. Car il le fera. Tu verras, il aura besoin de me dominer après ça. Il ne s'agira pas d'un débat mais bien de tout autre chose où le débat ne sera qu'un prétexte. Il y a des êtres pour qui la culture n'est pas un outil de réflexion mais bien un outil de domination.
Tout de même pour en revenir sur un point, je tiens à préciser une chose sur les notions de "masse-élite" : les concepts "masse-élite" sont souvent utilisés par les gens de gauche cependant toujours pour être déconstruits, démantelés ou invalidés.
Par contre, bien sûr tu ne verras jamais quelqu'un de gauche parler de masse et d'élite pour ensuite se définir comme appartenant à l'élite. C'est une aberration. Un non sens.

15. Tu veux dire que cette construction du monde élite / masse est un processus de domination ?
Oui, bien sûr. Ceux qui valident cette dynamique de pouvoir sont des gens profondément aliénés à une pensée de droite.
Et ce, qu'ils se considèrent comme appartenant à la "masse inculte" ou qu'ils s'estiment faire parti de cette "élite" qui dominent le monde par son savoir. Peu importe leur position dans ce mécanisme.
Souvent d'ailleurs dans cette catégorie, on trouve les Bayroutistes car il y a une essence monarchique dans ce process intellectuel de domination qui leur plait particulièrement.
Urbain fait parti de la deuxième catégorie à priori. Mais peut-être aussi des deux catégories au fond... Ca dépend d'où on le regarde (elle rit)
16. Comment te situes-tu dans tout ça ?
De part ma réeducation marxiste j'ai toujours respecté la culture populaire et la culture dite de masse (ce ne sont pas les mêmes notions) puisqu'il s'agit de mes cultures et que je me sens appartenir au peuple totalement, sereinement.
Pour moi, il n'y qu'une seule division fondamentale dans ce monde : celle qui sépare les dominés des dominants. Je traque donc les processus de domination qu'ils soient culturels ou materiels. Et le concept élite / masse en est un en puissance.
A travers mon travail à la télévision, j'ai aussi toujours essayé de rendre ses titres de noblesse à la culture populaire par le biais de la culture de masse.

17. Revenons à la télévision
Je ne suis pas du tout d’accord avec Urbain. La télévision est le jeu par excellence de la passivité.
Le public qui sait très bien ça, quand il décide de jouer à la télé, se rend donc volontairement passif. Comme lorsqu'on s'asseoit pour un tour de montagne russe, le public s'asseoit et joue à subir.
Il prendra donc tout ce qu’on lui propose quelque soit la qualité jusqu’à ce qu’il éteigne sa télé parcequ’il en aura marre de jouer à lire nos propositions.
En ce sens, le public prend bien ce qu’on lui offre. Et il n’y a absolument aucun jugement de valeur à poser la-dedans. C’est tout simplement une règle de base. LA règle du jeu.
Ceux sont donc les décideurs qui décident des programmes télé et de l’offre. Pas les spectateur.
Le demande du public s'inscrit dans l'offre qu'on lui propose.
Si la télévision propose de la merde (j’ai lu ton interview du maso) c’est parceque les décideurs ne sont capables de produire que de la merde. Avec l'excuse bidon qui se résume au fameux : “on donne au public ce qu’il veut".
Ce qui est entièrement faux bien entendu.
La merde fabriquée à la télé n'est pas du tout issue du cerveau du peuple mais bien du cerveau des scénaristes et des responsables fictions.
Tenter de les disculper les décideurs en reportant la faute sur le peuple (qui regarde) est une façon de voir très très à droite. Pas la mienne du tout.
Comme je l'ai dit plus haut, lorsque j’étais scénariste, j’écrivais ce que j’aurais voulu voir à la télé. Et nous étions en ce sens beaucoup plus libres que les scénaristes de maintenant.
Mon but était d’offrir de la qualité et de l’engagement. J’avais aussi du fait de mon réseau politique (syndicalistes, militants…) une idées assez précise de ce que les gens dans leur globalité vivaient au quotidien. Leurs préoccupations, leur regard sur le monde... Tout ça m’a beaucoup inspiré pour mon travail.
Si nous avons produit de la qualité à l'époque, c’est justement grâce à ce regard du peuple sur le monde, qui a fonctionné comme une muse. Mon contact avec leurs réalités m’a vraiment beaucoup inspiré.
Et j'ai toujours tenu compte de ce réel pour écrire.

Par ailleurs, comme nous étions nombreux à partager le même regard politique dans mes équipes, le travail de bout en bout restait cohérent. Voir souvent enrichit.
Quand nous avons dû quitter la télé, s’est insallée une autre politique plus marquée à droite au sens idéologique du terme. Et donc le fantasme de la masse impropre s'est installé. 
18. Comment ça ?
Tout "naturellement", comme d'habitude avec les gens de droite... :-)
Tout d’abord, structurellement, nos successeurs n’ont jamais eu le réseau et le terrain dont nous communistes, avons bénéficié pour nos recherches (c’est ici que se place la différence entre nous et eux).
Les nouveaux scénaristes ont donc commencé à créer en vase clos. "Hors du monde". D'où cette sensation de préfabriqué qui marque particulièrement cette periode de l'après nous.
Ensuite nos remplaçants ne connaissant absolument pas leur public se sont mis à le fantasmer gravement, monstreusement... Le regard monstreux d'une "élite" sur la masse, méprisée et moquée. Et ceci a produit toutes les merdes qu'on a pu voir à la télé ces dernières années. Avec une politique de fond et de forme :
“Produire de la merde, ne pas compliquer le récit, faire simple, basique, ne pas déranger, ne pas choquer la ménagère, rester au commissariat, politique sécuritaire…”, je passe. Et aussi, la censure permanente infligée aux scénaristes. Du coup, l'auto-censure je passe... Les scénaristes connaissent parfaitement cette bride idéologique qu’on leur a mise au cou et qu'ils ont acceptés. Cette politique a tué la fiction en France.
Cependant le voile commence à tomber sur tout ça depuis quelques années...

19. Pourquoi ?
Il se trouve qu’aux Etats-unis la politique mis en place autour de la télé a été tout autre et au final, ironie, ça paye définitivement plus.
Là-bas, on fabrique de la qualité et des dollars. Pour précisions, les américains fonctionnent exactement comme nous les communistes avons fonctionnés en France dans les années 70, 80…
Réseaux associatifs pour les inspirer, conseillers spécialisés…
Ils ne fantasment pas le public télé. Ils le respectent comme on doit respecter un client. Nous sommes en Amérique et là, le client est roi. Donc au dessus de tout.
Les scénaristes là-bas sont des gens à mon avis plutôt heureux et qu’on bride peu.
Bref un tout autre model qui existait bien en France mais qu’on a abandonné il y a 30 ans.
Les chaînes françaises ont rejetté en bloc ce que les communistes avaient apporté, sans y voir les qualités évidente. C'est là le problème des gens de droite. Leur dégoût, leur peur du communisme etc... Les rend bêtes.
Aujourd’hui on le paye par toutes cochonneries qu’ils nous ont fait avaler.
Il faut le dire, depuis 30 ans, ici, la culture de masse est particulièrement méprisée. C’est une tradition en France que de mépriser la culture de masse mais là on a atteind des sommets.

20. Et les décideurs français face à cette évidence venant des Etat-Unis, ils le prennent comment ?
Evidement de ce que j'entends, gros malaise. Ils font semblant de ne pas comprendre l’erreur qu’ils ont fait. Il paraît que tout ça reste un non-dit. Un tabou.
On prétexte le manque d’argent maintenant pour justifier de la qualité médiocre des séries françaises… On n’ose plus trop dire "que le public ne mange que de la merde" puisque les séries américaines ont cartonné dans le monde entier et qu’elles étaient de grande qualité.
Le postulat ne tient plus.
Preuve absolue que le peuple apprécie vraiment la qualité bien plus que la médiocrité. Ce que nous communistes avons toujours pensé. Mais tout ça est affaire de politique.
21. Le model de travail étasunien, tu le considères de droite ou de gauche ?
Model idéologiquement plutôt de gauche puisqu’il a été fabriqué à l’origine par les communistes américains ! (oui, il y a très très longtemps…;-))). Mais tout de même model libéral aussi puisqu’il s’agit de faire de l’argent avant tout. L’un peut tout à fait fonctionner avec l’autre. Les américains savent faire ce genre de tambouille. Personnellement j'ai toujours travaillé dans l'espérance d'avoir beaucoup de public.
En tout cas, conclusion générale :
Aujourd’hui, quand on est de gauche, on évite de fantasmer le peuple absolument.
Quitter cette posture de dominant inutile !!!
Ca n'est pas toujours facile mais on se contient.
On se contente humblement de penser que le peuple sait à priori apprécier la qualité. Qu'il suffit de lui offrir.
Et quand on travaille pour la télé, donc, on cherche cette qualité.
Il n’y a que cette issue pour casser les logiques de droite qui ont tout broyé dans notre pays.


22. C’est étonnant de la part des américains de faire comme les communistes ont fait ?
Non, pas trop. C’est du pragmatisme. Mais du pragmatisme de gauche. Enfin c’est bien plus compliqué que ça. C’est culturel bien sûr. Les américains vénèrent la culture de masse.
23. Qu’est-ce que tu as fait après avoir quitté la télé ?
Tu as déjà gouté la tortilla de chez ED ?
24. Non
Et bien tu devrais. Elle est très très bonne. Une des meilleures du marché. Le dernier produit que j’ai trouvé aussi. Celui qui a cloturé ma carrière en quelque sorte. Maintenant je suis à la retraite.
Après la télé, je me suis reconvertie. J’avais une autre passion : la cuisine. J’ai travaillé pour des magasins de grande distribution. Mais je me suis rapidement spécialisée dans le discount alimentaire. Ma tâche : élargir les gammes de produits, trouver de nouvelles propositions. Avec une politique en tête : proposer le produit de qualité et tenter de l’imposer à mon client.
C’est ainsi que chez Ed, tu peux trouver mon eau pétillante, mon lait bio, mon vinaigre et parfois mon huile d’olive. Des produits de premier choix que j’ai déniché à prix d’or. Pour nourrir correctement mon peuple. ;-)

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jeudi, 07 juin 2007
Bientôt ici, interview de la femme de gauche
18:35 Publié dans Labo | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Acte II : Dissection d'un sarkosyste qui aime le peuple
LA TÉLÉVISION ? UNE HISTOIRE DE CACA !
INTERVIEW 5.
C’est dans l’appartement d’une dominatrice réputée de Paris que je l’ai rencontré.
Pour préserver son anonymat, nous avons décidé de le rebaptiser “Devo”, référence à un groupe étasunien bien connu pour ses excentricités politiques et esthétiques.
Après lui avoir fait lire le texte d’Urbain (cf note d’hier), nous lui avons demandé donc de commenter…
Attention : cet interview n’est pas très propre, âmes sensibles s’abstenir.
1. VOUS ÊTES SARKOSYSTE MASOCHISTE ?
Oui. C’est un mélange assez traditionnel. Les sarkosyste aiment être dominé dans l’intimité.
Ca renforce. Et ça détend aussi. C'est nécessaire au pouvoir.
2. IL PARAÎT QUE VOUS TRAVAILLEZ POUR TF1 ?
Si j’enlève mon masque ( IL A UN MASQUE DE CUIR AVEC 4 TROUS) vous reconnaitrez mon visage assurément. Je suis médiatisé.
Pas quotidiennement bien sûr. Je travaille dans les bureaux.
Je suis ce qu'on appelle un décideur.
3. EN FAIt, POUR ETRE HONNÊTE, JE CONNAIS VOTRE VRAI NOM "DEVO"…
Si Valérie vous l’a dit alors, c’est qu’elle doit avoir ses raisons ?!
(POUR SITUER LA SCÈNE : SA DOMINATRICE EST ASSISE SUR UNE CHAISE ET LUI, À SES PIEDS, LUI PEINT LES ONGLES EN ROUGE.
SELON VALÉRIE (ET JE LUI FAIT ENTIÈREMENT CONFIANCE, ELLE EST DE GAUCHE) L'EXERCICE DU VERNIS EST LE PLUS SUR MOYEN DE VOIR S’IL MENT. QUESTION DE TREMBLEMENT.
4. VOUS PENSEZ QUOI DE L’OPINION D’URBAIN ?
Entièrement d’accord avec lui.. Haï !
(Il VIENT DE SE PRENDRE UN COUP À LA NUQUE, IL A DÉPASSÉ.
DU VERNIS SUR LA PEAU DE SA DOMINATRICE !
DEVO ESSAYE DE SE JUSTIFIER EN NOUS EXPLIQUANT QUE CET ONGLE LÀ EST PARTICULIÈREMENT DIFFICILE À PEINDRE PARCEQU’UN PEU IRRÉGULIER. IL N’A PAS TORD, NOUS CONSIDÉRONS DONC QU’IL N’A PEUT-ÊTRE PAS MENTI. CEPENDANT, IL REçOIT TOUT DE MÊME UN AUTRE COUP POUR AVOIR OSÉ LAISSÉ ENTENDRE QUE SA DOMINATRICE N’ÉTAIT PAS PARFAITE.
5. DONC VOUS ÊTES D’ACCORD AVEC URBAIN ?
Absolument. Personne n’oblige les gens à regarder TF1. Et s'ils le font, c'est en parfaite connaissance de cause. Au fond, ils savent ce qu'on leur propose. Ils sont conscients.
Je ne sous-estime pas notre public. Au contraire !
A TF1 nous les respectons comme personne.
TF1 est une chaîne démocratique au possible, vous savez.
Je pense même, la plus démocratique des chaînes françaises !
Chez nous le peuple est roi.
Ce qui ne plaît pas à la masse, ce qui ne lui convient pas, nous l'enlevons immédiatement.
Notre politique se base sur les chiffres et les chiffres ne mentent jamais. Les chiffres sont une vérité absolue, indéniable.
Une forme de vote du public. Nous ne cessons jamais d'en tenir compte pour parfaire notre travail de démocrate.
6. POUVEZ-VOUS REVENIR SUR CETTE HISTOIRE DE COCA-COLA ET DE CERVEAU ? LES PROPOS DE…
Vous voulez la vérité la dessus ? Il s’agissait juste d’un pari ! J’avoue que là, ils nous a épaté !
Jamais on n'aurait pensé qu’il allait vraiment le faire et sortir ça aux journalistes. Au mot près en plus !
On s’était éclaté la veille en esssayant d’imaginer ce que ça ferait si l’un d’entre nous un jour osait dire un truc pareil.
Ce mec est vraiment pas croyable. Une bombe. Un des plus beaux moments de ma carrière. Une vrai leçon. Savoir se mettre sans cesse en danger pour ne jamais s'oublier.
(ON SENT CHEZ LUI DE L'ÉMOTION ET À NOUVEAU SE PREND UN COUP POUR AVOIR DÉBORDÉ).
7. QUAND MÊME VOS PROGRAMMES SONT VRAIMENT DÉCÉRÉBRANTS, NON ?
Non, déçérébrant, ça n’est pas le mot que j’utiliserais.
Ce qu’on choisit de diffuser sur notre chaîne s’apparente plus à de la merde.
8. PAREIL, NON ?
Pas du tout. L'objectif n'est pas le même. Urbain utilise le terme "d'auto-crétinisation", je ne suis pas d'accord du tout avec ça. Il s'agit d'une tout autre expérience !
9. QUELLE EXPERIENCE ?
D’après vous ?
Regardez-moi !
Je suis là à quatre pattes, le porte-jaretelle moulant qui me rentre dans le Q, qui me broie les couilles à me faire mal pendant plusieurs jours. Humilié au possible, soumis à vivre le pire...
Vous savez qu’elle m’a obligé plusieurs fois à manger les crottes de son chats ? Juste parceque ça l’amusait !
11. ?
Et bien après avoir avalé ça, je me suis senti incroyablement fort.
Le lendemain de la première fois où elle m'a fait faire ça, j’ai négocié six magnifiques contrats !
Le secret de la domination sociale c'est ça Marianne : Oser manger de la merde et se transformer
en pur masochiste.
Regardez le carnet d’adresse de Valérie : que des hommes de pouvoir !
Ca n’est pas un hasard !
Tout est lié.
Dans ma vie, j’ai avançé professionnellement, j’ai quitté mon masochisme social (avant je ne fabriquais que des échecs professionnels, vous ne pouvez pas imaginer mes parents s'inquiétaient beaucoup) dès l’instant où j’ai commencé à assumer mon masochisme sexuel dans la sphère privé.
A l'instant T où j'ai accepté de n'être plus rien intimement, je suis enfin devenu quelqu'un socialement.
C’est ça qui m’a sauvé...
Je peux le dire et je ne suis pas le seul à le penser : bouffer de la merde sauve.
Soulignez ça dans votre blog si vous pouvez, c'est très important !!!!!
Vous voulez que je vous dise Marianne ?
Si TF1 donne de la merde à son public, c'est pour le fortifier. Lui permettre de se dépasser.
TF1 est LA chaîne qui permet au peuple français d'accéder à l'aventure masochiste.
12. DRÔLE DE FAçON DE VOIR LES CHOSES !
C'est plus qu'un regard, c'est une politique de fond Marianne. Une politique à laquelle nous tenons particulièrement. Tout est calculé dans ce sens depuis plus de 25 ans. Vous avez un scoop vous savez ?
En dehors de 7 personnes de mon groupe, jusque là personne n'avait jamais été mis au courant de cette volonté de fond.
TF1 est une dominatrice absolue, gratuite, au service du peuple. Une déesse catodique fabriquée pour que tous ces pauvres gens qui n'ont pas les moyens de se payer une dominatrice puisse tout de même vivre dans leur corps l'expérience du masochisme et trouver une issue sociale positive par delà.
Et si les gens regardent notre chaîne, c'est précisément parcequ'ils sentent au fond l'oppportunité incroyable que nous leur offrons. Cette merde que nous déversons tous les jours chez eux et en eux ne les tue pas mais tout au contraire les libère !
Je crois profondément qu'intuitivement le peuple a compris ce mécanisme catharsique.
Alors dans tout ça, Urbain a raison : Ne pas sous-estimer le peuple. Ni le mépriser.
Oui, il sait parfaitement où il va quand il appuie sur le 1 de sa télécommande. Une RDV avec la survie.
J’aime le peuple Marianne. Plus que personne, je l'aime.
Et contrairement à Arte, je ne travaille pas pour les winners de cette société qui n'ont plus besoin de rien, si ce n'est d'un peu de culture et de folklore united colors of...
Je travaille pour les loosers. Ceux qui n'ont rien. Je leur donne les moyens de sortir de leur marasme.
(...)
Remerciement à Valérie S. sans qui cette interview n'aurait pas pu se faire.
18:10 Publié dans HP, Labo | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 06 juin 2007
Le peuple : acte I
CE MATIN SUR LE DEL, J'AI LU :
(...) A la limite le problème n'est pas que ce Monsieur soit réinvesti ou qu'il soit "protégé" par l'UMP, le problème c'est qu'il va être réélu haut la main.Cela en dit long sur le niveau moral des français et...
Nous dans notre petit coin, on s'offusque, on s'élève, mais la masse applaudit des deux mains. Et si demain Le Figaro commande un sondage dont la question serait : "Souhaitez-vous que Ch. Vanneste puisse se représenter", je ne doute pas que la réponse serait OUI à 80 %
Les Français ont la classe politique qu'ils méritent et qu'ils se choisissent.
.
Ecrit par : fableg18@.fr | mercredi, 06 juin 2007 08:33
ALORS J'AI RÉPONDU CA :
C'est faux. Le peuple prend ce qu'on lui propose. Ce sont les politiques principalement qui ont des problèmes moraux et qui sont en crise.
Si vous tenez ce discours, vous accréditez une forme de pensée inutile et nocive.
Tenir ce discours contient en soi une idéologie.
Ecrit par : Marianne | mercredi, 06 juin 2007 08:44
MAIS LÀ, URBAIN M'A RÉPONDU CA :
Ben si, c'est vrai , c'est même factuellement incontestable ...
Prétendre le contraire, comme vous le faites Marianne, c'est accréditer implictement le "tous pourris" poujadiste.
C'est comme de prétendre que les spectateurs des âneries télévisés ne sont pas responsables de leur "auto-crétinisation" , au motif qu'ils "prennent ce qu'on leur offre". C'est cette position qui est "méprisante" pas celle qui consiste à les juger et les confronter au discernement dont on n'a aucune raison de les juger plus incapables que nous les "lucides" et les "savants".
Les politiques ne sont que le reflet de la "société civile" dont ils sont issus. Et comme on peut le voir dans ce cas d'espèce, la "médiation" des partis politiques n'exonère pas les électeurs de leurs responsabilités.
Ces "gens là" sont élu, et non pas nommés, et les électeurs , en France, ont encore un choix assez large et diversifié.
Le vrai problème c'est tout simplement celui que dans ce type de scrutin, le plus grand nombre "dicte sa loi" à la minorité.
J'ajoute que d'évidence la proportionnelle n'empêcherait pas l'ineffable Vanneste d'être élu, tout simplement par ce qu'il y a pas mal de gens qui votent pour lui en parfaite connaissance de cause, autrement dit qui partagent ses idées, notamment celles qui sont ici (justement) stigmatisées .
Le problème est donc idéologique, il est de comprendre pourquoi et comment ce type d'"idées" peut faire floresse dans certains contextes socio-économiques, et comment les combattre efficacement.
La solution n'est pas d'invoquer une espèce de main "secrète" occulte et omnipotente de "taupe" qui saperait le bon sens de ces gens ou les mettrait dans l'impossibilité de l'exercer en les privant de toute capacité critique, en leur soustrayant toutes les options et alternatives.
L'idéologie , une idéologie angéliste et naïve, démettant le citoyen, le sujet politique de toute responsabilité, est de votre coté Marianne, et c'est ce type d'idéologie qui produit l'inaction et l'impotence politique.
Ecrit par : urbain | mercredi, 06 juin 2007 09:21
POUR RÉPONDRE À URBAIN, J'AI ÉTÉ INTERROGÉ DEUX PERSONNALITÉS DE TÉLÉVISION...

19:55 Publié dans Labo | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 05 juin 2007
Petite boum d'une minute trente
21:40 Publié dans Contractions douloureuses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Dissection d'un sarkosyste tout en dentelle
Interview n°4 du monde sarkosyste. Pour apprendre à les aimer.
C'est à un abri-bus que j'ai rencontré Pierre B., 67 ans.

Il pleuvait rudement, nous avons donc pu discuter une heure en attendant que la pluie cesse et dans cette conversation improvisée, il a finit par m'avouer ses vérités.
Pierre B. est résident à l’hôpital psychiatrique Charles Perrens depuis 5 ans.
Mais apparement son internement est volontaire. Les conséquences d'une histoire d'amour difficile et traumatisante. Cependant il ne souhaite pas développer l'entrevue sous cet angle là.
Tout de même, pour précision, Pierre B. souffre de paranoïa diagnostiquée quand il avait 33 ans.
1. VOUS ÊTES RÉSIDENT À CHARLES PERRENS DONC...
Oui, c'est là aussi que tout a commencé. J'ai eu d'ailleurs l'occasion d'y croiser François Bayrou, il y quelques mois (il faisait une visite officielle). Quand j'ai vu cet homme, j'ai de suite senti l'homme providentiel qui allait mettre Nicolas Sarkosy au pouvoir.
Le lendemain je prenais ma carte à l'udf, depuis je milite au MOdem et j'essaye de convaincre les gens de gauche à en être. Ou au moins les indécis. Il y a beaucoup d'indécis en France. Des gens perdus.
Je fais parti de ces petites mains du quotidien qui les guident du bon coté...
2. C'EST UN PEU COMPLIQUÉ COMME LOGIQUE, POUVEZ-VOUS NOUS EXPLIQUER ?
Pour résumer, je suis profondément sarkosyste et j'ai compris à quoi servait François Bayrou. Il n'a pas été mis là par hasard. Et même si c'était le cas, en politique il faut savoir tout utiliser, même le hasard ou la circonstance encombrante. C'est ce qu'on a fait depuis le début.
Mais, je ne peux pas vous en dire plus. Vous devez pouvoir comprendre.
Vous savez ma maladie crée chez moi des troubles du jugement et de la perception.
Mais peu de gens le savent : la paranoïa n'entraîne aucune détérioration intellectuelle. Aucune.
Soulignez au fluo si vous pouvez (NON, T
































